
Couverture du numéro 1 de la revue Française
de Go
(1978) |
En 1978, à la suite du Premier Congrès Européen de Go, organisé
en France, quatre mousquetaires décident de créer l'association
"Revue Française de Go" : François Petitjean, Gérard Gabella, Pascal
Reysset et Jérôme Hubert. Un cinquième, Jean-Pierre Lalo les rejoint
l'année suivante.
Ce projet n'était pas le premier du genre : au début de la décennie
1970, Go revue avait été lancée par l'Impensé radical de Luc Thanassecos,
éditeur, entre autres, du Traité du jeu de go de Roger J. Girault
(1970). Elle avait disparu après quelques numéros car, à l'époque,
le nombre de joueurs français n'excédait pas de beaucoup celui du
nombre de pages de la revue ! Les seuls ouvrages disponibles en
français étaient le Petit
traité invitant à la découverte de l'art subtil du go de Lusson,
Pérec et Roubaud (1969) - livre curieux qu'on peut difficilement
qualifier d'ouvrage pédagogique - et le Traité
de Girault. Restait la littérature en anglais, avec, côté revues,
d'abord Go review, éditée par la Nihon Ki-in, qui disparaîtra au
printemps 1977 et sera remplacée par Go world et, côté livres, les
collections d'Ishi Press récemment créées. Quelques années plus tard,
le nombre de joueurs a cru considérablement. A Paris, la salle du
Club de Go de Paris au Trait d'Union, un café de la rue de Rennes
où Maître Lim officie quotidiennement, ne désemplit pas. En province,
des clubs ont été fondés dans les grandes villes. Les premiers stages
estivaux sont organisés par Pierre Artoutcheff. A la même période,
l'Association Française de Go se transforme en Fédération.
La situation est mûre pour créer une revue ! C'est de Rouen que
vient l'initiative, car le club local, fondé en 1974 , est actif.
La finale du championnat de France 1978 - gagnée par Jérôme Hubert
- y est organisée quelques semaines avant la sortie du premier numéro.
La Revue sera donc un organe indépendant de la Fédération Française
de Go, quoique publiée " en liaison " avec elle. Ce n'est qu'en
1999 que GO-Revue française de Go deviendra un organe de la Fédération.
Le défi reste de taille mais le succès est à la clé : les ventes
par abonnement se multiplient et quelques sponsors achètent des
pages de publicité. L'équilibre financier est assuré. Le pari est
remporté. Dans les autres pays occidentaux, des initiatives analogues
ont vu le jour et l'on voit apparaître des revues de Go en Grande-Bretagne,
en Allemagne, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis…
Quelques 20 années et presque cent numéros plus tard, la Revue
est toujours là ! Les équipes se sont succédées : après Rouen, la
Rédaction est passée par Nantes, avec Alain Héaulmé et Maria Irano,
pour venir finalement s'installer à Paris où Dominique Cornuejols
reprendra le flambeau, suivie par d'autres.
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