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Cyber teams : la nouvelle génération

Publié le 11/04/20 par Clément Béni

Alors que le confinement se poursuit, ce qui a donné lieu à une intensification de la pratique du go en ligne via KGS ou des nouveaux outils comme Discord, ou encore à l'organisation de compétitions spécifiques, comme le tournoi des jeunes en confinement ... voici quelques contenus tirés des archives de la RFG : un dessin bien de circonstance et un article parlant d'un temps que nos moins de 16 ans ne peuvent pas connaître !

 

Cyber teams : La nouvelle génération

Le go sur Internet est en plein développement. Le serveur KGS compte beaucoup de joueurs francophones : souvent plus de 250 utilisateurs connectés dans la salle française en soirée. En sus de cette salle, KGS en compte d'autres où on parle français : la Chaîne de commentaires qui propose un système où tout joueur peut commenter une partie et être commenté ou des salles éphémères (en juin, on a vu la naissance de la salle "Euro 2004" qui a permis d'évacuer la conversation tournant autour du football de la salle française, où elle devenait par trop envahissante). On peut voir des salles à vocation pédagogiques (Tsumegokoz où l'on discute des courz de tsumego du soir donnés en salle française...) ainsi que beaucoup de salles de clubs pré-existants, ce qui permet aux nouveaux joueurs de trouver rapidement le club le plus proche de chez eux.
Mais sur KGS un autre type de salles francophones existe également : les club ou teams directement créées sur Internet et qui n'ont généralement pas d'attaches géographiques. ILs se nomment Opak, MAA No Jutsu, Yügen no ma... Ils organisent des animations sur KGS et comptent de nombreux membres isolés. Dossier supervisé par Simon Billouet [...]

La nouvelle génération est là. Sur internet. Un peu immatérielle, un peu loin de nos clubs traditionnels et de la Fédération, mais bien connectée. Esthétique manga, noms japonisants qui évoquent Hikaru no go, extraits de la bande dessinée, la filiation des cyber teams qui ont éclos récemment, n'est pas difficile à établir. Après avoir lu le manga (ou en même temps), ces jeunes joueurs ont découvert le go sur internet en pianotant naturellement sur leur moteur de recherche. A fréquenter les serveurs de jeu, KGS principalement, ils se sont regroupés, quelque que soit leur origine géographique sans des "salles" à part. Pour moins se sentir seusl, sans doute, et pour progresser ensemble face à tous ces vieux joueurs expérimentés et licenciés à la FFG.

Il existe plus d'une dizaine de ces petits cyber groupes plus ou moins informels. Les plus importants s'appelles Team Opak, Yuge no Ma, ou Maa no Jutsu. Elles comptent chacune plusieurs dizaines de membres. Pour la FFG, préoccupée par son "développement", il s'agit d'un phénomène à ne pas manquer. Forums de discussion, cours de go pour les débutants, problèmes et joseki, les teams offrent une palette de ressources à ses membres. Mais à voir leurs sites sur internet, c'est la FFG qui aurait à prendre des conseils après d'eux pour améliorer le sien.

KGS offre la possibilité de créer "presque librement une salle particulière", explique Toru Immamura., 5e dan, administrateur du site. "Cela a permis l'éclosion des salles de toutes les sortes. Alors les jeunes des KGS ont inventé le concepte des teams qui tiennent lieu des clubs, dans uns sens, poursuite-il. La grande différence entre les teams et les clubs, c'est qu'on peut très bien appartenir à plusieurs teams : pas de cotisation, pas de date précise des réunions, c'est plus souple que les clubs".

Toru Immamura "parraine" en quelque sorte la Team Opak. "En fait, je n'était pas du tout pour l'idée de la création des cyber-clubs au début, raconte-t-il. Je craignais que cela entraîne une certaine désertification des clubs. Cependant, vu le déferlement des jeunes sur KGS j'ai changé d'avis. Si on ne s'occupait pas d'eux, une occasion historique pour le go français aurait été perdue". La team a donc intégré la ligue du Nord. Il s'agit du premier cyber club FFG. A voir cette évolution, les clubs traditionnels n'ont pas à craindre cette concurrence électronique.

(source : RFG n°107, octobre 2004, p.25)

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(Illustration : RFG 114, 2ème trimestre 2006, p.14)

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